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Edition 10 /2010

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Passant presque inaperçu du reste de la «Suisse volante», un aérodrome du Haut-Valais lutte pour sa survie. L’ancien site d’aviation militaire de Rarogne, selon la volonté des autorités communales locales, doit être en effet désaffecté pour faire place à un centre sportif aquatique, assorti d’un lac artificiel pour compétitions. Le terrain d’aviation ne servirait qu’à une pratique aéronautique de loisirs, et l’intérêt de maintenir une telle activité à Rarogne se limiterait ainsi de facto au seul Groupe de vol du Haut-Valais, à savoir à ses 80 à 100 membres. Ceux-ci (et pas seulement eux) font cependant «des pieds et des mains» pour s’opposer aux prétentions de la commune, n’ayant pas hésité à lancer une pétition dans ce sens. Au lieu d’une «poignée d’irréductibles», ce sont ainsi des milliers de partisans qui s’impliquent soudain en faveur de la conservation d’un aérodrome, dont l’importance ne se restreint pas qu’aux pilotes haut-valaisans. Vous aussi, vous pouvez aider à susciter une vague de solidarité, et «submerger» le Haut-Valais sous vos témoignages de sympathie envers l’aérodrome. Vous en apprendrez plus à ce sujet en page 5. Mentionnons aussi une évolution réjouissante «pro domo»: la croissance de l’AeroRevue. Accompagnant la hausse du nombre de membres de l’AéCS, les ventes de l’AeroRevue en kiosques et les abonnés supplémentaires, le tirage vendu (indice significatif pour la branche publicitaire) a dépassé pour la première fois la barre des 23000 exemplaires. De même qu’augmente continuellement le nombre des lecteurs: d’après l’étude de lectorat MACH Basic menée deux fois par an (à laquelle participe l’AeroRevue comme unique périodique aéronautique de Suisse), chaque édition est maintenant lue par 49000 personnes en moyenne. Un résultat nous encourageant à poursuivre dans la voie engagée, en continuant à vous fournir à domicile avec chaque numéro, chères lectrices, chers lecteurs (de même qu’à nos annonceurs), un choix varié de thèmes traitant de l’aviation et de l’AéCS, sachant que près de 100000 yeux nous expertisent avec attention et critique.

Jürg Wyss
Chefredaktor
AeroRevue


Bonnes notes pour l’aviation suisse

Aviation civile suisse – Rapport de sécurité 2009 (1re partie)

En 2009 également, la sécurité dans l’aviation civile helvétique a connu une évolution positive. Telle est la conclusion tirée par l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) dans son Rapport de sécurité pour l’an passé. Tout comme lors des deux années précédentes, l’OFAC présente dans son Rapport de sécurité pour 2009 les données et résultats issus de son activité de supervision de l’aviation civile suisse. Et globalement, il parvient à la conclusion qu’en 2009, cette dernière a affiché une bonne prestation en matière de sécurité, les indices clé quant aux accidents et incidents graves s’étant améliorés comparativement à l’année précédente. Une comparaison avec les chiffres des États de l’UE, réalisée pour la première fois, montre que les «ailes helvétiques» font bonne figure.

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En ballon au Kilimandjaro

Aux petites heures du matin ce 5 août 2010, la montgolfière suisse «Platypus» (ornithorynque) s’est élevée du flanc sud-est du volcan Kilimandjaro pour collecter des données scientifiques, sur cette montagne isolée la plus haute du monde. Une expédition enrichissante mais parsemée de pièges.

L’équipe de dix personnes entourant Patrik Schmidle (aérostier lucernois chevronné) a paré pour le décollage les deux ballons à air chaud amenés de Suisse, pour grimper vers les hauteurs avec le soleil. Les conditions paraissaient propices: direction du vent constante et ciel nocturne dégagé. Le but était de traverser le Kibo (le plus haut des trois cratères du massif du Kilimandjaro, s’élevant à 5895 mètres) par la voie des airs, tout en collectant des données pour la recherche climatique, et documentant l’expédition par des films et photos.

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Sur la bonne voie

Du 20 au 22 août 2010, sur l’aérodrome de Birrfeld, des pilotes, des passionnés d’aviation et des entreprises de la branche se sont réunis en foule à la Swiss AeroExpo. Par milliers, les visiteurs se sont montrés séduits par cet aperçu de l’aviation légère. Exposants et organisateurs en tirent globalement un bilan positif. En 2011, ce salon devra être nettement professionnalisé et techniquement revalorisé.

L’aviation célèbre cette année ses cent ans d’existence en Suisse. Un siècle durant lequel l’attrait de l’aéronautique est demeuré pratiquement inchangé. Une réalité démontrée par la deuxième édition de la Swiss AeroExpo, tenue du 20 au 22 août 2010 sur l’aérodrome de Birrfeld et marquée par l’afflux de milliers de visiteurs. Véritable point culminant de la manifestation: le séduisant programme de voltige présenté les vendredi et samedi après-midi avec précision millimétrique par le PC-7 TEAM des Forces aériennes, et constamment salué par les tonnerres d’applaudissements des spectateurs. Ainsi ont-il pu vivre de tout près des circuits en hélicoptères se succédant presque toutes les minutes, des sauts en parachute en tandem et tout un éventail d’offres issues de l’aviation générale: une palette allant des planeurs, avions oldtimers et avions de tourisme, à toutes sortes d’offres de formation, en passant par les produits propres aux domaines des accessoires, de l’avionique et de la maintenance.

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Après l’euphorie, place aux critiques

Au début des années soixante, les grands et nouveaux avions à réaction incarnaient le progrès et la foi en l’avenir. Mais quelques années plus tard à peine se manifestèrent les premières oppositions contre leur bruit, tandis que les acquisitions d’appareils militaires entraînaient des turbulences politiques. Simultanément, les avantageux vols charter permirent à bon nombre de contemporains de partir enfin en vacances par la voie des airs.

Au moment de l’introduction des premiers avions de ligne à réaction, ces engins inédits et rapides furent admirés par l’ensemble de la population, puisque incarnant le progrès plus qu’aucun autre moyen de transport. Par centaines de milliers quand il faisait beau, les badauds affluaient sur l’aéroport de Kloten pour contempler sa fiévreuse activité. Grâce à la spacieuse terrasse s’étirant sur toute la longueur du bâtiment d’enregistrement, ils se trouvaient directement face aux «grands oiseaux». Se rendant encore à pied vers leurs avions, les passagers pouvaient dire au revoir de la main à leurs proches et amis, accoudés à seulement quelques dizaines de mètres derrière.

 

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Tant que ça vole...

La Palma, San Francisco, Pékin, Khartoum, Islamabad, Bichkek, l’Ebenalp... Gregor Beer (41 ans) connaît bien le monde, et surtout d’en haut. Pilote professionnel d’hélicoptères, parapentiste et vélideltiste ayant pour domicile la Terre entière, son visage a déjà ressenti les vents de (presque) toutes les latitudes. Il exerce un nouveau job depuis quelques mois, volant sur le «toit du monde» pour une entreprise népalaise. La vie de Beer est tout sauf conventionnelle.

Je désire trouver la paix intérieure – ainsi qu’un lieu ou je me sente chez moi et en sécurité. Un souhait pas trop saugrenu, pourrait-on penser, s’il n’émanait d’un personnage hors du commun: sans relâche et à cadence affolante par monts et par vaux tout autour du globe, ayant vécu dans les coins les plus inaccessibles de la planète et travaillé en des lieux dont le seul énoncé du nom pose déjà problème par chez nous, qui en parle avec un naturel déconcertant comme s’il ne s’agissait que d’un week-end prolongé au Tessin, et dont la modestie du besoin exprimé plus haut prend une dimension proprement surréaliste. Pilote d’hélicoptère âgé de 41 ans, Gregor Beer a(commetant d’autres) reculé les limites et possibilités restreintes de ce métier dans sa patrie: par des engagements, des emplois et des formations continues à l’étranger.

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160 mètres de piste supplémentaires

L’aérodrome de Triengen possédait jusqu’à présent la plus courte piste de Suisse. Mais les jours de ce «petit record» sont maintenant comptés. Après une assez longue mise en route en effet, les choses ont fini par démarrer: le chantier de prolongement de la piste d’environ 160 mètres vers le sud, demême que quelques travaux complémentaires, tournent à plein régime.

Il est dit que la naissance de la plupart des aérodromes helvétiques est attribuable à l’esprit d’initiative de quelques peu nombreux pionniers. Et le Flying Ranch de Triengen n’y fait pas exception: telle est l’introduction de la chronique sur la page historique du site web du Flying Ranch. Le lecteur intéressé y apprend entre autres qu’en 1947, ayant participé par hasard à un vol de plaisance à Lucerne, Heinrich Müller senior avait décidé sur-le-champ d’apprendre lui aussi à voler. Lamêmeannée encore, il posa son avion dans le Surental lucernois, signant ainsi l’«acte de naissance» de l’aérodrome de Triengen.

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Aventure entre deux côtes

Deux pilotes privés et un Cessna 172, avec pour horizon un objectif lointain mais atteignable: compte rendu du vol aller-retour effectué en juin 2010 par Daniel Dubouloz et Stefan Hug, entre San Diego (Californie) et la côte est des USA.

Imaginez-vous un pays ponctué de milliers d’aérodromes, avec beau temps le plus souvent, avions à coûts avantageux et bon nombre de relations et connaissances: quel inconvénient y aurait-il à y suivre la partie «hour building» d’une formation de pilote de ligne? De fait, aucun. Raison pour laquelle je m’enquiers un soir auprès de Stefan (excellent ami et pilote privé): serait-il intéressé par une traversée aérienne du continent américain en ma compagnie? Il l’est bien évidemment, et sitôt dit, sitôt fait: fin mai, après quelques discussions et étude du matériel cartographique commandé par avance, «c’est parti»! La chance nous sourit puisque Barron Ellsworth (Member Officer de Plus One Flyers) s’est déclaré prêt à remplir avec nous (même un jour Texte: Daniel Dubouloz Deux pilotes privés et un Cessna 172, avec pour horizon un objectif lointain mais atteignable: compte rendu du vol aller-retour effectué en juin 2010 par Daniel Dubouloz et Stefan Hug, entre San Diego (Californie) et la côte est des USA. Aventure entre deux côtes férié, le Labor Day) les papiers nécessaires pour la location, trois semaines durant, d’un avion auprès du plus important club de vol du sud californien. Tait, jeune instructeur de vol et pilote de ligne hawaïen, effectue avec nous le vol de «check-out».

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